26 janvier 2026
Rencontre

La station biologique de Roscoff

Visite du CNRS Roscoff à la Ferme de Kerguelen, chez Légumes Project– une immersion initiée par Poder Bio, fournisseur de la cantine de la station, et partenaire fidèle de Légumes Project, la maison d’interprétation du légume installée au cœur de la Ferme de Kerguelen, à Saint-Pol-de-Léon.

Ce jour-là, les équipes de la Station Biologique de Roscoff (CNRS/Sorbonne Université) ont quitté leurs microscopes pour plonger… dans l’humus. Une visite “retour aux sources”.

CNRS + Legumes projects-72

Le thème de la rencontre ? “Du microbiome du sol au microbiote intestinal”, ou comment le vivant, invisible à l’œil nu, relie la terre nourricière aux équilibres intérieurs de notre corps.

À la Ferme de Kerguelen, tout respire la patience et la cohérence écologique.

Sur treize hectares de ceinture dorée, Joseph et Michèle Guivarc’h cultivent depuis des décennies selon un modèle agricole bas carbone : sans labour, avec rotations longues, engrais verts et plantations de haies pour abriter oiseaux et insectes auxiliaires.

Leur production – artichauts camus de Bretagne, choux kale, choux-fleurs, oignons rosés, brocolis – alimente notamment les circuits bio régionaux via la coopérative Biobreizh, dont ils sont membres actifs.

“Chaque haie plantée, chaque sol couvert, c’est une promesse de vie”, confie Michèle Guivarch en ouvrant la visite. “Notre rôle, c’est de nourrir ce monde invisible sous nos pieds. Il nous le rend au centuple.”

Dans la maison d’interprétation Légumes Project, les visiteurs du CNRS ont pu explorer la scénographie sensible des lieux : panneaux pédagogiques, terrain, recolte du brocoli, outils anciens et échantillons de sols racontent la grande histoire du légume, du champ à l’assiette.

La visite guidée a permis d’aborder concrètement les enjeux environnementaux et agronomiques : adaptation pédoclimatique locale, biodiversité fonctionnelle, valorisation des sols vivants.

Pendant une heure et demie, les échanges ont fait germer des ponts entre écologie agricole et écologie scientifique. 

Pour Catherine Boyen, directrice de la Station Biologique de Roscoff, cette rencontre allait de soi.
Depuis plus d’un siècle, la station explore les mystères du monde marin : algues, planctons, micro-organismes, autant de formes de vie qui dialoguent, à leur manière, avec celles du sol.
“Il n’y a pas de frontière entre la santé des océans, celle des sols et celle de l’Homme. Ce sont les mêmes processus du vivant, les mêmes équilibres subtils”, a-t-elle rappelé en marge de la visite.
Cette vision holistique – “une seule santé” – résonne avec les pratiques agroécologiques portées à Kerguelen : restaurer la fertilité des sols, préserver la biodiversité, favoriser les symbioses naturelles plutôt que les forcer. 

Organisée par Poder Bio, cette rencontre a été plus qu’une simple visite de terrain : une conversation entre mondes complémentaires.
D’un côté, les producteurs qui soignent la terre à la main ; de l’autre, les chercheurs qui décryptent la vie à l’échelle microscopique.
Entre les deux, un même constat : le vivant est un continuum, des micro-organismes du sol aux bactéries intestinales, des algues marines aux choux du Léon.
Dans un contexte où la science et l’agriculture cherchent de nouveaux langages communs, cette journée a rappelé que le dialogue est peut-être le plus bel outil de régénération.

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